Aller au contenu
Ze Finance
← Toutes les actualités

#COMPORTEMENT DE L'INVESTISSEUR

Interrogez trois cents gérants de fonds professionnels sur leurs propres compétences : presque aucun ne se dira dans la moyenne basse.

Publié le 19 août 2026

Fact card Ze Finance : Comportement de l'investisseur
74 % la part de près de 300 gérants de fonds professionnels qui, dans un test comportemental, se sont jugés eux-mêmes « au-dessus de la moyenne » dans leur travail — Royaume-Uni, États-Unis, Asie et Europe, 2005-2006

James Montier, alors stratège chez Dresdner Kleinwort Wasserstein, a soumis près de 300 gérants de fonds professionnels à un test de biais comportementaux, dont une question simple : « êtes-vous au-dessus de la moyenne dans votre travail ? ». 74 % ont répondu oui. Parmi les 26 % restants, la plupart se sont jugés dans la moyenne — et quasiment aucun ne s'est classé en dessous.

Pourquoi ce chiffre est-il statistiquement impossible ?

Par définition, la moitié seulement d'un groupe peut se situer au-dessus de sa médiane. Si 74 % des gérants se jugent au-dessus de la moyenne, au moins 24 points de pourcentage se trompent forcément sur leur propre classement.

Autrement dit : ce n'est pas la compétence des gérants qui est en cause ici, c'est leur capacité à s'auto-évaluer — un biais qui touche les professionnels aussi bien que les particuliers.

Trois nuances, parce qu'elles comptent

  • L'échantillon est un panel de gérants ayant assisté aux conférences de l'auteur, pas un tirage aléatoire de toute la profession — un biais de sélection reste possible.
  • La question portait sur une auto-évaluation globale du « travail », sans benchmark de performance chiffré associé au test — ce n'est pas une mesure directe du rendement réellement obtenu par chacun.
  • Les données datent de 2005-2006, avant la crise financière de 2008 ; rien ne garantit que l'ampleur exacte du biais soit restée identique depuis, même si des études postérieures continuent de documenter le même excès de confiance chez les professionnels.

Ce que ça change quand même : la conviction d'avoir raison n'est pas un signal fiable qu'on a effectivement raison — professionnel ou pas. Une discipline d'investissement qui ne dépend pas de la confiance en son propre jugement protège mieux qu'un supplément d'assurance.

Pour vous

  • Vous jugez-vous plutôt meilleur, moyen ou moins bon que la plupart des investisseurs ?
  • Sur quoi repose ce jugement : un chiffre vérifiable, ou une impression ?

Source : James Montier, « Behaving Badly », Dresdner Kleinwort Wasserstein, Global Equity Strategy, 2 février 2006.

Consulter la source →

Télécharger la fact card en haute définition (1856 × 2304) ↓