#IMPÔTS & FISCALITÉ
« La France, dernière pour ses entreprises ? » Oui — mais sur un point précis : la FISCALITÉ. Selon l'Indice de compétitivité fiscale 2026 de la Tax Foundation, la France arrive dernière des 38 pays de l'OCDE (45,7/100). À ne surtout pas confondre avec « l'économie la moins performante » ou « la moins rentable ».
Publié le 4 novembre 2026 · à revérifier le 31 mai 2027
La Tax Foundation, un think tank américain d'inspiration libérale, publie chaque année son Indice de compétitivité fiscale internationale. Édition 2026 : la France est 38ᵉ sur 38 pays de l'OCDE, avec 45,7/100 (45,8 en 2025, déjà dernière) — aucun pays ne fait moins bien. Le point le plus lourd : le taux maximal d'imposition des bénéfices des sociétés atteint 36,1 % surtaxes comprises, le plus élevé de l'OCDE. En tête du classement, l'Estonie (100 points, 1re pour la 13ᵉ année), devant la Lettonie (92,5) et la Nouvelle-Zélande (88,2). MAIS cet indice n'est pas un verdict global sur l'économie française : c'est un classement qui valorise des impôts bas et simples, et ne tient pas compte des services publics que ces impôts financent. Et la France garde de vrais atouts : un crédit d'impôt recherche (CIR) de 30 %, un réseau de 123 conventions fiscales, une 13ᵉ place sur la fiscalité internationale — et surtout, elle reste la 1re destination des investissements étrangers en Europe (baromètre EY 2026, 7ᵉ année consécutive, devant le Royaume-Uni et l'Allemagne).
Donc la France est le pire pays où faire des affaires ?
Non. L'indice mesure la fiscalité (niveau et complexité des impôts sur les entreprises), pas la rentabilité, ni l'attractivité globale, ni la qualité des infrastructures ou de la main-d'œuvre. Preuve : la France peut être dernière sur cet indice fiscal tout en restant, la même année, la 1re destination européenne des investissements étrangers (baromètre EY). Ce sont deux mesures différentes.
Autrement dit : « dernière pour la compétitivité fiscale », ça veut dire : chez nous, l'impôt sur les entreprises est parmi les plus lourds et les plus complexes de l'OCDE. Ça ne dit rien de ce que cet impôt finance, ni de la performance réelle des entreprises.
Quatre nuances, parce qu'elles comptent
- L'indice mesure la FISCALITÉ, pas la rentabilité ni la santé économique : une note basse ne veut pas dire « mauvaise économie ».
- C'est le classement d'un think tank libéral (Tax Foundation) : sa méthode récompense des impôts bas et simples, et ne compte pas les services publics financés par ces impôts.
- Le vrai point noir : un taux d'IS maximal à 36,1 % (surtaxes comprises), le plus élevé de l'OCDE — mais la France conserve des atouts (CIR à 30 %, 123 conventions fiscales).
- La même année, la France reste la 1re destination des investissements étrangers en Europe (EY 2026) : classement fiscal ≠ attractivité.
Ce que ça change quand même : pour lire le débat fiscal : quand un classement annonce « la France est dernière », posez-vous toujours la question « dernière sur QUOI, exactement ? ». Ici, c'est la fiscalité des entreprises (lourde et complexe), pas la rentabilité ni l'attractivité. Le vrai enjeu : ces impôts pèsent sur la compétitivité, mais financent aussi un modèle social — c'est un arbitrage politique, pas une simple « mauvaise note ».
Pour vous
- Entre « fiscalité la plus lourde » et « économie la moins performante », voyez-vous pourquoi ce n'est pas la même chose ?
- Un impôt élevé sur les entreprises : handicap de compétitivité, prix d'un modèle social… ou les deux ?
Sources : International Tax Competitiveness Index 2026, Tax Foundation ; reprise Cryptoast (28 octobre 2026). Contexte attractivité : baromètre EY de l'attractivité de la France 2026 (21 mai 2026).
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