#MARCHÉS & BOURSE
Les rachats d'actions rapportaient 12,1 % de rendement anormal sur quatre ans selon l'étude de 1995. Corrigé de la corrélation entre entreprises, l'effet devient indétectable.
Publié le 27 août 2026
En 1995, Ikenberry, Lakonishok et Vermaelen mesurent dans le Journal of Financial Economics un rendement anormal moyen de 12,1 % sur les quatre ans suivant l'annonce d'un rachat d'actions, et de 45,3 % pour les titres « valeur ». En 2000, Mitchell et Stafford objectent, dans le Journal of Business, que cette méthode suppose l'indépendance des rendements anormaux d'une entreprise à l'autre, alors qu'elles annoncent souvent au même moment. Corrigées, les statistiques de test sont jusqu'à quatre fois trop élevées.
Un rachat d'actions crée-t-il de la valeur pour l'actionnaire ?
L'étude de référence mesure 12,1 % de rendement anormal sur quatre ans. Une correction méthodologique publiée cinq ans plus tard fait tomber cette performance sous le seuil de significativité.
Autrement dit : le chiffre existe, la démonstration beaucoup moins.
Quatre nuances, parce qu'elles comptent
- Les deux études portent sur le marché américain, sur des périodes qui se recoupent largement : le désaccord ne porte pas sur les données, mais sur la façon de les tester.
- Mitchell et Stafford ne démontrent pas que l'effet est nul, mais qu'on ne peut plus le distinguer du hasard une fois les corrélations croisées corrigées.
- Le débat porte sur la performance de long terme après l'annonce, pas sur la réaction immédiate du cours.
- La mécanique comptable d'un rachat n'est pas en cause : ce qui est contesté, c'est le rendement anormal qu'on lui prête.
Ce que ça change quand même : un chiffre cité pendant trente ans peut avoir été produit par une hypothèse statistique autant que par le marché.
Pour vous
- Combien de « faits » de marché tiennent à une hypothèse d'indépendance jamais vérifiée ?
- Saviez-vous que le rendement anormal de 12,1 % attribué aux rachats d'actions ne survit pas à une correction des corrélations entre entreprises ?
Source : Ikenberry, Lakonishok et Vermaelen, « Market Underreaction to Open Market Share Repurchases », Journal of Financial Economics, 1995 ; Mitchell et Stafford, « Managerial Decisions and Long-Term Stock Price Performance », The Journal of Business, 2000.
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